ACCUEIL    I    L'AGENCE    I    PARTENAIRES   I    ACTUALITÉS    I    AGENDA    I    CONTACTS ESPACE PRESSE
Slideshow Image 1
Communiqué de presse Fédération Nationale du Bois

6 rue François 1er
75008 PARIS

Tel : 01 56 69 52 00
Fax : 01 56 69 52 09

RETOUR
 

Galerie photos du communiqué

Téléchargez le communiqué
 
 
RAPPORT : La construction d’une politique douanière européenne : un enjeu stratégique pour les scieries françaises

Peut-on se satisfaire de la croissance des exportations des ressources forestières européennes, au risque de nuire à la compétitivité de l’industrie française du bois ?

L’exportation massive depuis l’Europe de grumes non transformées vers les pays émergents ne peut se poursuivre sans mesures de régulation appropriées. Les besoins de ces marchés sont gigantesques et la ressource bois n’est pas inépuisable. Par ailleurs, ces bois reviennent parfois sur les marchés européens sous forme de produits finis à des prix défiant toute concurrence...

L’ensemble de la filière bois européenne en est fragilisée, et plus particulièrement les entreprises de la première et de la seconde transformation, dont les approvisionnements et la compétitivité sont menacés.

Doit-on accepter la disparition programmée de l’industrie française et européenne du bois tout simplement parce que la matière première locale est exportée sans la moindre valeur ajoutée ? La Fédération Nationale du Bois estime qu’il est grand temps de préparer l’avenir et de réfléchir à des mécanismes de régulation, favorisant le commerce de produits transformés plus vertueux et plus respectueux de notre patrimoine forestier.

 

 Accélération des exportations de bois vers les pays émergents

  • Une tradition d’exportation

Les exportations de bois sont plus que jamais florissantes. Mais aujourd’hui, la filière bois européenne ne peut plus se contenter d’observer la part croissante de ses exportations de grumes sans réagir.

Certes l’Europe, et plus particulièrement la France qui détient l’une des plus importantes forêts de feuillus d’Europe, a toujours exporté du bois, notamment des grumes de chêne et de hêtre, à destination des pays comme l’Italie et l’Espagne.

Depuis, la mondialisation et les délocalisations étant passées par là, ces pays ont fermé nombre de leurs sites industriels et achètent par conséquent beaucoup moins de bois qu’auparavant.

  •  Changement de destinations

Depuis quelques années, ces exportations réalisées sur le plan européen ont été remplacées par des exportations en direction des pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Viêt-nam. Et, chaque année, une nouvelle destination émerge.

Les échanges commerciaux entre la France et la Chine ne sont pas nouveaux. Ils remontent à plus de trente ans. Dans la période 1994 - 2000, les flux se sont intensifiés, essentiellement grâce à une exportation de sciages de hêtre destinés à la fabrication de meubles et d’agencement intérieur. La France était alors le premier exportateur de sciages de bois feuillus européens à destination du marché Chinois. Depuis, suite notamment à un changement des modes de consommation en Chine et à une diversification des régions d’approvisionnement, les exportations françaises vers la Chine ont accordé une part grandissante au chêne. Ainsi, depuis 2008, on assiste à une importation massive de grumes de chêne et de hêtre par la Chine en provenance de la France et de l’Europe.

 

Les données chiffrées fournies par French Timber à partir des statistiques internationales sont explicites. En 2010, les exportations des grumes de chêne françaises affichent une progression de 19 % par rapport à l’année précédente. En 2011, ce taux grimpe pratiquement à + 25 % ! Mais les ventes à destination de la Chine (+ 108 % en 2011), par exemple, dépassent largement le rythme global ! Avec 4 955 containers (soit 89 181 m3) exportés (période janvier - septembre 2011), la Chine figure ainsi à la seconde place au palmarès des exportations françaises de grumes feuillues derrière la Belgique. Cependant, derrière cette destination européenne (103 185 m3, soit + 32 % en 2011) se cache le poids des traders belges et allemands sur ce marché. Le port d’Anvers est l’une des principales voies de sortie pour les bois européens en route vers des contrées plus lointaines.

 

  • Forte demande chinoise

Depuis 2005, la Chine est le premier pays importateur mondial de grumes pour faire face à la fois à sa forte demande intérieure mais aussi pour approvisionner ses unités de transformation en vue de réexporter des produits sciés ou finis vers l’Europe ou les États-Unis. A cette époque, la Chine concurrence déjà l’Italie comme premier pays exportateur mondial de meubles.

« Avec l’Italie et l’Espagne, les volumes étaient à peu près stables d’une année sur l’autre. Avec la Chine et l’Inde,
on a l’impression
que ce mouvement va crescendo. C’est
un gouffre sans fin »
observe Laurent Denormandie, président de la Fédération Nationale du Bois. « On ne peut se contenter d’assister à la délocalisation d’une matière première au risque que certaines de nos entreprises ne puissent plus s’approvisionner. La FNB n’est pas protectionniste mais réaliste. Ce n’est pas sur la base des échanges commerciaux actuels qu’il faut raisonner mais en se projetant sur l’avenir avec le développement de la Chine, de l’Inde, du Pakistan... ».

 

 

  Un appétit grandissant

 

  • Des besoins insatiables

Comme le rappelle la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU),  si le marché intérieur chinois est dynamique, en raison de la hausse du niveau de vie de ses habitants, les forêts chinoises (troisième superficie mondiale forestière) ne satisfont actuellement qu’une petite partie de l’appétit de l’industrie nationale du secteur. Et, en 2015, la demande chinoise pour les produits bois liés à la construction, la décoration et le meuble devrait croître de 45 % par rapport à aujourd’hui.

La forêt chinoise est composée pour majorité de conifères (75 %) et de feuillus (25 %) dont les hêtres (15 %) et les chênes (18 %). Selon les chiffres du recensement forestier de 2006, les forêts naturelles occupent 115,8 millions d’hectares contre 53,3 millions pour les forêts plantées. Comme ces dernières sont relativement récentes, dans 70 % d’entre elles, les arbres sont jeunes (source CEE-ONU).

En 2010, la France représente 20 % du marché des importations de grumes de chêne par la Chine. Si les importations de Russie, principal fournisseur, sont à la baisse compte tenu des mesures de sauvegarde prises par ce pays (- 25 %), la Chine trouve ses grumes sur d’autres marchés : la France et l’Allemagne (+ 137 et + 62 %), mais aussi les États-Unis (+ 119 %).

 

  • Les principaux pays producteurs de bois, sauf l'Europe, protègent leurs ressources forestières 

Non seulement les pays émergents ont des besoins gargantuesques pour répondre à leur demande intérieure, mais ils ont mis en place des réglementations pour protéger et gérer leurs propres ressources forestières.

Le gouvernement chinois a ainsi pris des mesures pour la protection des zones boisées intérieures en limitant, voire en interdisant, l’abattage dans certaines régions. La Chine a basé son développement sur une stratégie de transformation de la matière première en produits à valeur ajoutée. L’Etat Chinois a donc décidé de favoriser les importations de bois non transformés depuis le reste du monde tout en protégeant sa propre ressource qui ne sera utilisée que dans un avenir plus lointain. La politique tarifaire pratiquée sur les importations témoigne bien de cette stratégie : 8 % sur les grumes alors que les sciages sont taxés à 14 %.

Par ailleurs, d’autres pays qui exportaient en direction de l’Asie ont adopté des mesures de sauvegarde. C’est le cas des états africains (Congo, Gabon, Cameroun), des États-Unis, du Canada et surtout de la Russie.

  • Les bois européens en libre accès

D’où un intérêt grandissant des pays asiatiques pour les feuillus européens, dont les massifs sont parmi les seuls au monde à se trouver en quelque sorte en libre accès. Au premier semestre 2011, 5 555 containers, soit plus de 100 000 m3 de grumes de chêne français, sont partis vers l’Asie.

 « C’est comme si les pays du Golfe laissaient ouvert le robinet du pétrole... Comment peut-on accepter d’exporter une matière première comme le chêne qui met plus d’une centaine d’années à pousser et qui appartient quasiment au patrimoine français sans aucune plus-value » s’insurge un industriel du bois. « Nous avons l’une des plus belles forêts mondiales, une des mieux gérées, nous avons les sols, les peuplements. Ce capital, il faut le valoriser... ».  

 Les conséquences de la délocalisation d’une matière première

 

Il n’est pas question ici de condamner la démarche exportatrice des propriétaires et gestionnaires forestiers européens mais de faire un constat sur les conséquences d’une exportation de grumes feuillues à grande envergure pour l’ensemble de la filière.

  • Une hausse du prix de la matière première 

C’est inévitable, la forte demande chinoise a pour premier effet une hausse des prix de l’ordre 20 % sur le chêne de qualité courante et de 15 % sur le hêtre.

Les traders établissent un prix de campagne légèrement supérieur aux prix d’achat des scieurs européens, obligeant ces derniers à augmenter leurs mises, ce qui contribue à grever les marges d’une industrie par ailleurs contrainte à investir constamment (mises aux normes environnementales, normes de sécurité concernant les rejets de poussières dans l’air, le bruit...).

  • Des difficultés d’approvisionnement pour les acteurs européens

Plus que les hausses de prix, les risques de problèmes d’approvisionnement inquiètent fortement les industriels de la première transformation du bois, surtout dans les régions frontalières proches des ports d’expédition comme Anvers.

  • Effet boomerang sur les entreprises de la seconde transformation

Les acteurs de la seconde transformation du bois sont d’autant plus touchés que des entreprises chinoises ou indiennes se sont spécialisées dans la production de parquets ou de meubles, qu’elles exportent sur les marchés mondiaux, nord-américains et européens.

Les exportations chinoises de meubles en bois approchent aujourd’hui les 10 milliards de dollars alors qu’elles n’atteignaient même pas la barre des 5 milliards en 2005 (Source : Douane chinoise, China National Furniture Association, 2010).

Certains produits à base de chêne, notamment le parquet, reviennent en Europe à des prix défiant toute concurrence.

C’est malheureusement devenu un lieu commun que de préciser que ces industries bénéficient non seulement d’une main d’œuvre à faible coût, mais aussi d’une absence de paiement de charges inhérentes à l’activité (normes PEFC, respect des normes environnementales, respect des normes de sécurité...). Par ailleurs, en important des bois certifiés PEFC issus des forêts françaises, les pays émergents sont en mesure de satisfaire à moindre coût aux exigences qualité des clients européens.

 

Les industriels de la seconde transformation du bois ne peuvent donc par conséquent être compétitifs par rapport aux produits importés, et ce d’autant moins qu’ils ont parfois dû intégrer la hausse des matières premières.

  • Pas de grumes, pas de combustible

Les grumes n’étant pas transformées sur place, elles ne génèrent aucun produit connexe pour l’industrie de la pâte à papier, du bois-panneaux et du bois-énergie, actuellement en plein essor... A leur tour, ces industries risquent de se trouver déstabilisées par ce phénomène. Rappelons que 40 % du volume transformé d’une grume feuillue est utilisé en connexes pour l’industrie, et que le bois représente en France la principale source d’énergie renouvelable (44 %), loin devant l’eau (23 %) et le photovoltaïque (0,4 %).

 

  • Gel des investissements pour les industries de la première et de la seconde transformation du bois

Pour les entreprises de la première et de la seconde
transformation du bois, il devient difficile d’investir dans de nouvelles machines et dans la mise aux normes de leurs installations, sachant que la production tend
à se délocaliser.

« Sans matières premières, nous ne pouvons plus faire tourner nos unités. Le poids des exportations nous pénalise à l’achat et nous perdons nos clients européens qui ne sont plus compétitifs par rapport aux asiatiques » regrette un industriel.

 

  Chêne et hêtre, deux essences sous pression

 

La situation diffère selon qu’il s’agit du chêne ou du hêtre, les deux principales essences concernées.

  • Chêne : la double peine

Cette essence est une valeur sûre tant sur le plan européen que français et suscite de la demande (parquet, ameublement...). « En scierie, nous avons besoin de nous approvisionner dans cette essence et de pouvoir la transformer. Non seulement nous rencontrons des difficultés d’approvisionnement mais le bois nous revient sous forme de produits finis, ce qui est préjudiciable pour nos unités de transformation. C’est la double peine ! ».

Cependant, cette essence subit les aléas des parités monétaires et les fluctuations des marchés. D’où des pressions irrégulières sur les marchés.

  • Hêtre : une solution naturelle

Cette essence de masse était utilisée traditionnellement en France pour les escaliers, la menuiserie, les bois de carcasse pour l’ameublement... Dans les années 1995-2000, la forte demande asiatique a contribué à une forte hausse des prix sur cette essence. Ce qui a déstabilisé le marché car les prix ne correspondaient plus à ce que les industriels pouvaient faire avec cette essence. D’où la fermeture de nombreuses usines de transformation sur le plan local. « En France, nous avons perdu l’utilisation du hêtre. La demande en Europe pour le hêtre n’existe plus ».

 

Les industriels européens se sont tournés vers des essences de substitution (bois exotiques) et vers de nouveaux matériaux (acier, matières synthétiques...) qui sont venus concurrencer l’essence naturelle et locale.

Dans le contexte actuel de désaffection pour cette essence, le bois a commencé à s’exporter, certains intervenants ayant considéré que l’exportation de leurs grumes vers les pays émergents était préférable au fait de laisser leurs hêtres sur pied, d’autant qu’une coupe génère du travail pour les forestiers (bûcherons, débardeurs...) et permet d’alimenter en produits connexes les industriels du bois-panneaux, du papier et du bois énergie.

  • Même le résineux n’est plus épargné, il est pleinement concerné

Sur les résineux, ce phénomène d’exportation de grumes vers les pays émergents est plus récent. Pour l’heure, selon FrenchTimber, en 2011, 135 717 m3 de grumes résineuses sont parties vers la Chine, contre 89 749 en 2010. La Chine se situe désormais à la huitième place des destinations pour les bois résineux français. Le phénomène s’amplifie. Actuellement, les pays émergents s’approvisionnent surtout en Russie, Nouvelle Zélande, États-Unis et Canada. Ces sources peuvent toutefois se tarir au gré de décisions gouvernementales, évolutions géopolitiques et autres catastrophes naturelles (tremblements de terre...), incitant alors les pays asiatiques à se tourner vers l’Europe. La situation deviendrait alors préoccupante pour la France, d’autant que la baisse de la ressource disponible, faute de plantations suffisantes, est d’ores et déjà programmée.

 Une maîtrise de la matière locale

L’objectif des professionnels de la filière bois n’est pas d’empêcher l’exportation de bois mais de la réguler en favorisant notamment l’exportation de bois après transformation en Europe. « Il faut prendre conscience que nous avons une matière première importante, mais qui est en danger. Cette matière première ne devrait pas être exportée sans un minimum de valeur ajoutée » souligne un industriel.

 

« Nous ne plaidons pas pour la fermeture des exportations de grumes nécessaires à l’équilibre de certaines essences mais pour un encadrement favorisant le commerce de produits transformés » confirme Laurent Denormandie.

  • Agir avant la disparition de l’outil industrie

L’objectif de la profession est d’agir pendant que l’outil industriel européen existe encore. « Quand il n’y aura plus de scieries... On pourra toujours créer le marché. S’il n’y a plus d’unités, il n’y a plus d’unités. ».
Il sera effectivement très difficile de relocaliser ensuite des entreprises quand elles auront disparu du paysage du sciage et de la transformation
du bois.

 

« Si les asiatiques ont besoin de notre chêne, cela peut être bon pour nos forêts puisque cela permet d’exploiter les bois, c’est bon pour les gestionnaires, mais cela doit être bon pour nos entreprises également. A nous de nous bagarrer pour nos matières premières en envoyant dans les pays émergents des sciages et non pas des grumes ».

  • Impliquer l’ensemble de la filière

L’idée est d’impliquer l’ensemble de la filière bois, depuis les propriétaires forestiers jusqu’aux industries de la seconde transformation du bois. Une initiative pilote a par exemple été mise sur pied en Lorraine avec pour vocation d’impliquer l’ensemble des acteurs de la filière ainsi que les politiques locaux.

 Sensibiliser les politiques et les consommateurs

  • Remettre les pendules à l’heure

L’enjeu de sensibilisation et d’information est d’autant plus fort que, depuis de longues années, la filière bois est commercialement déficitaire. « En 2010, le déficit de la filière bois s’alourdit et atteint le niveau record de - 6,6 milliards. La détérioration du solde depuis 1994 concerne les principales catégories de produits de la filière, à l’exception du bois brut dont les échanges restent excédentaires » indique la lettre du Commerce Extérieur (juillet 2011).

 

Cette situation traduit surtout la nécessité de mettre en place une politique forestière et industrielle française digne de ce nom.
« Aujourd’hui, on n’a pas assez de résineux et on ne sait plus écouler le feuillu » regrette un industriel. Ironie du sort, certains de ces bois qui partent à l’exportation ne le peuvent que parce que la profession, dont les scieries, a financé pendant de nombreuses années, à travers le Fonds forestier national (créé en 1946 et supprimé en 2000), le
reboisement
et l’accessibilité des espaces forestiers afin de soutenir
le développement de la filière bois.

  • La nécessité de maintenir un outil industriel en France et en Europe

Exporter vers la Chine oui, l’image est emblématique mais à quel prix ? Les professionnels du bois sont unanimes : il est nécessaire de renouer avec une volonté politique de transformer la matière première sur place et d’en finir avec les délocalisations des entreprises industrielles, françaises notamment.

Rappelons que la filière bois génère de nombreux emplois. Globalement l’ensemble de l’activité du bois en France représente 430 000 emplois pour un chiffre d’affaires de 60 milliards d’euros de CA. La Fédération du Bois allemande a calculé que l’exportation de grumes représente un manque à gagner en recettes pour les États de 45 euros/m3 tout au long de la chaîne de transformation. Ce calcul prend en compte la perte d’emplois (et donc de taxes sur les salaires), le non renouvellement des investissements, la perte de résultats des entreprises (et donc d’impôts sur les sociétés), et la disparition de certains secteurs essentiellement dans des zones rurales. En 2010, cela représente un manque à gagner pour l’Union européenne d’environ 45 millions d’euros de recettes fiscales et sociales.

Par ailleurs, la transformation de la ressource bois localement s’inscrit pleinement au cœur des exigences environnementales actuelles.

La première des conditions pour respecter ces exigences serait d’exploiter au plus près possible du site de croissance de l’arbre. Ce qui réduit d’autant le coût des transports et l’impact carbone. Par rapport à une lame transformée en France, une lame asiatique consomme, dans les transports, 17 fois le carbone stocké durant toute la croissance de l’arbre.

  • Un gaspillage d’énergie

Les grumes contenues dans 3 containers n’en remplissent plus qu’un seul une fois transformées en avivés. Exporter davantage de produits transformés et notamment d’avivés permettrait de profiter, en Europe, des connexes de scieries pour les besoins énergétiques tout en réduisant le bilan carbone lié au transport.

  • Impliquer le consommateur

L’utilisateur final est lui aussi au cœur de ces enjeux sociétaux, économiques, environnementaux, en tant que consommateur et en tant que citoyen. D’où l’intérêt des campagnes d’information destinées à lui faire comprendre l’importance de maintenir une industrie du bois dynamique en France et en Europe, cohérente avec la ressource en matière première de sa région.

Certains industriels ont développé des labels d’origine pour essayer d’inciter à cette prise de conscience et susciter l’intérêt des médias.

  • Impliquer les politiques

Les Pouvoirs Publics, à l’instar du Président de la  République dans son discours d’Urmatt de mai 2009, insistent sur la nécessité de développer la filière bois. « On ne peut plaider en faveur d’une meilleure stratégie commerciale du bois et rester insensible au cri d’alarme lancé par la profession » observe Laurent Denormandie.

Néanmoins, la position du ministère de l’Agriculture, pourtant acquis à la cause dans le domaine alimentaire, ne l’est pas encore pour les produits forestiers.

 Un enjeu européen

  • Mettre en place des mécanismes de régulation

Au-delà de la France, de la Suisse, de la Belgique, de l’Allemagne et de la Roumanie, directement touchées, cet enjeu concerne toute l’Europe. Des mesures
réglementaires
ne peuvent en effet se prendre que sur décision communautaire et dans le respect des accords de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

 « La facilité consisterait à stigmatiser les exportateurs actuels de grumes alors que la solution relève de la politique douanière de l’Union européenne. La préférence communautaire doit trouver à s’appliquer » explique Laurent Denormandie. 

« C’est aujourd’hui qu’il faut penser à demain. La mise en place de mécanismes de régulation est longue. Et ce ne sont pas les acteurs économiques seuls qui peuvent
solutionner le problème ».

 

Il a longtemps été avancé une incompatibilité d’une politique douanière européenne avec les règles de l’OMC. Ce postulat est infondé. L’Union européenne vient d’accorder en toute
discrétion à la Russie un important contingent d’importations de grumes (400 000 m3) à taux quasi nul.

 

« Ce qui est possible pour nos partenaires doit l’être par réciprocité pour nos entreprises ». La Chine aujourd’hui, les pays du Sud-Est asiatique, l’Inde, le Pakistan demain, ont identifié l’Europe comme une zone d’accès facile.

« Sans politique douanière européenne, nos entreprises sont en danger ».

 

Par ailleurs, la Fédération Nationale du Bois a déposé une motion, lors de la conférence internationale du bois feuillus de Brasov en Roumanie (septembre 2011), pour endiguer l’export de grumes hors Europe et la promotion des bois feuillus. Cette motion a été adoptée par les principales fédérations concernées de l’Organisation Européenne des Scieries (Roumanie, Autriche, Allemagne, Belgique…), preuve s’il en faut que cette problématique a dépassé les frontières de l’Hexagone.

  • Réduire les écarts de compétitivité

La mise en place de mesures (taxe carbone, TVA sociale...) permettrait de réduire l’écart de compétitivité entre les industriels chinois ou indiens et les industriels européens.

  • Mise en place d’une taxe carbone

Les industriels du bois français de la première transformation (ainsi que leurs clients de la deuxième transformation) ne peuvent concurrencer certains pays quand les règles du commerce sont biaisées.

 

Sans compter que les différences de législations sont telles en matière de protection de l’environnement, protection des salariés, coût de l’énergie, aides à l’exportation, taxation des entreprises… qu’au final les entreprises françaises du bois se retrouvent plus chères que les produits importés alors que la matière première provient de la même forêt.

 

La création d’une taxe carbone à l’importation permettrait de favoriser les productions les plus vertueuses pour l’économie et l’écologie et rétablirait un certain équilibre entre les producteurs français et chinois.

 

  • Des échanges commerciaux équitables

Par ailleurs, le développement des échanges commerciaux doit se faire de façon équitable et permettre à tous les pays de bénéficier d'un traitement identique. Pour cela, les règles de l'OMC peuvent servir de base de négociation. Sauf cas particuliers, la France ne peut pas relever ses tarifs douaniers sans nuire à son industrie. Il convient donc de faciliter ses exportations vers la Chine.

  • Relancer la demande locale dans le cas des feuillus notamment

La Fédération Nationale du Bois développe actuellement un programme de revalorisation de ces essences en partenariat avec le FCBA, le CNDB (Centre National du Développement du Bois) et FBF (France Bois Forêt).

Une relance de la demande passe également par l’innovation et par la mise en avant de concepts innovants (mariage de matières...).

Peut-être s’agit-il également pour les scieries de mieux prendre en compte l’aval, en associant davantage la seconde transformation, de manière à ce qu’elles soient plus réactives aux tendances du marché et mieux en mesure de les anticiper.

  • Amélioration de la compétitivité des producteurs locaux

Le but n’est pas forcément d’améliorer la productivité des industriels du bois en montant quelques gros outils capables de gérer des volumes importants.

 

Cette démarche peut passer par la fédération de petites et moyennes entreprises régionales afin de leur permettre de revendre un produit standardisé.

 

C’est donc bien par réalisme et non pas protectionnisme que la profession du bois lance ce cri d’alarme. La demande des pays émergents est à la fois colossale et soumise à de fortes fluctuations. Et, sans matière première, les scieurs et les industriels de la seconde transformation du bois européens n’auront plus les ressources pour faire tourner leur outil. Or, le bois est une ressource renouvelable mais n’est pas inépuisable.

 

« C’est aujourd’hui qu’il faut penser à demain. La mise en place de mécanismes de régulation est longue ».

 

  • Différence de traitement à l’importation : le problème des taxes

 La Chine développe une politique douanière qui vise avant tout à protéger son industrie et à assurer son développement en facilitant l’importation de matière première et en taxant tout produit transformé.

Cette différence de traitement entre les producteurs européens et chinois affecte grandement les capacités d’exportation des entreprises françaises et crée une concurrence déloyale sur le marché européen en mettant en danger les clients traditionnels (parqueteurs, fabricants de meubles…) qui souvent, afin de survivre, vont s’approvisionner en Chine pour certaines gammes de produits.

 

  • Mises en place de mesures de régulation du commerce dans certains pays

- La Russie, sous décision du Premier Ministre Poutine, a signé une résolution (Résolution 982 du 24 décembre 2008) sur les tarifs des droits d’exportation. Les Russes imposent une taxe de 25 % sur certaines essences.

- Les États-Unis ont opté pour la restriction des exportations de grumes provenant des forêts fédérales au-dessus du 100ème parallèle.

- Le Canada limite les exportations de grumes issues des forêts publiques et des forêts privées du Colombian State.

- Les Philippines n’exportent plus de grumes provenant des forêts naturelles et imposent une taxe à l’export sur les grumes de plantation.

- La Malaisie et la Thaïlande ont opté pour la taxation des exportations des grumes et des sciages.

- Le gouvernement Sri Lankais impose un prix minimum sur les bois exportés.

- Aux Maldives, le gouvernement contrôle toutes les exportations de bois. Il en est de même aux îles Salomon, dont le gouvernement a de plus opté pour la taxation des exportations.

- Le sultanat de Brunei impose de nombreuses restrictions sur les exportations de bois.

- Les îles Fidji interdisent purement et simplement les exportations de grumes.

 

- Le Cameroun a, depuis 1999, interdit l’exportation de grumes de nombreuses essences de haute valeur commerciale et soumis certaines essences à des surtaxes.

- En République du Congo, des dispositions transitoires sont établies (autorisation pour les exploitants d’exporter 15 % de leur production sous forme de grumes).

- Au Gabon, où l’exploitation forestière représente un des pilliers de l’économie nationale, le gouvernement a pris la décision en 2008 d’interdire l’exploitation de cinq essences : l’Afo, l’Andok, le Douka, le Moabi et l’Ozono. L’exploitation forestière de ces essences est interdite pour une durée de 25 ans.

 

 Témoignages

  • Laurent Denormandie : Président de la Fédération Nationale du Bois

 

Exporter de la matière première sans transformation, ce n’est pas très glorieux

 

« La France a depuis longtemps une tradition d’exportation de ses grumes feuillues, chêne et hêtre, plutôt à destination de pays comme l’Italie et l’Espagne, qui disposaient d’une filière de transformation du bois assez importante. Confrontés aux conséquences de la mondialisation et des délocalisations, ces pays ont acheté beaucoup moins de bois. Nos exportations se sont alors orientées sur des pays comme la Chine, l’Inde, le Viêt-nam. Mais contrairement aux exportations européennes où les volumes étaient stables d’une année sur l’autre, la demande des pays émergents est exponentielle, avec parfois de fortes variations. Ils en achètent pour leur consommation locale, un véritable gouffre sans fin, mais aussi  pour alimenter leurs entreprises qui se sont spécialisées dans l’ameublement ou dans le parquet. Lorsque ces produits reviennent en Europe, c’est préjudiciable pour nos unités de seconde transformation. Nous perdons donc deux fois : difficultés d’approvisionnement pour les scieries en première transformation et concurrence exacerbée pour les industriels de la seconde transformation du bois.

Ce problème n’est pas seulement français : il touche tous les pays européens. Bien sûr, nous avons besoin que le bois sorte de nos forêts. Mais nous ne pouvons nous satisfaire de ces exportations massives de notre matière première. Exporter de la matière première sans transformation, ce n’est pas très glorieux. 500 m3 de bois mobilisé et transformé, c’est un emploi !

 

Il devient donc urgent de réguler ces flux. L’objectif serait d’exporter uniquement les volumes excédentaires et d’inciter à la transformation des grumes localement. Il s’agit également de développer la consommation de hêtre et de chêne sur nos marchés locaux. C’est un travail de longue haleine, qui ne portera ses fruits que dans plusieurs années… D’ici là, notre but est de préserver nos ressources et donc notre outil de travail. Car lorsque nous n’aurons plus de scieries, nous aurons beau jeu de créer le marché… ».

 

  • Jean-Pascale Archimbaud : Scierie Archimbaud, spécialisée dans le sciage de résineux destiné à la fabrication de palettes et dans la fabrication de granulés de bois.

Un plan global intégrant une transformation locale

« En France, nous avons la matière première mais, en ce qui concerne le hêtre et les feuillus en général, certaines régions ont perdu, suite aux délocalisations, des capacités de transformer sur place. Aujourd’hui, l’exportation est une solution naturelle. Pour réguler les exportations, il s’agit de mettre en place un plan global qui redonne toute sa place à un outil industriel local. Nous avons besoin d’une volonté politique privilégiant la transformation de la matière première sur place. Ou alors, il faut accepter le principe des délocalisations.

De plus, nous avons perdu l’utilisation du hêtre dans sa valeur noble. En ce qui concerne la fabrication d’escaliers par exemple, cette essence a été remplacée par de nouveaux matériaux. Relancer une demande autour du hêtre se pose aujourd’hui comme un véritable défi ».

  • Didier Daclin : Chêne de l’Est (scieur et fabricant de parquet)

Solidariser la filière !

« Dans l’Est de la France, nous avons essayé de réagir. Plutôt que nous battre contre l’exportation de grumes, nous essayons de travailler pour l’exportation de sciages. Si les Asiatiques ont besoin de notre chêne, cela peut être bon pour nos forêts, puisque cela permet de les exploiter, cela peut être bon pour les gestionnaires et les propriétaires... Mais cela doit être bon également pour nos entreprises ! A nous de nous bagarrer pour nos matières premières en envoyant à l’exportation des sciages plutôt que des grumes.

 

Si nous ne pouvons pas empêcher l’exportation de grumes, nous avons réfléchi sur les moyens à mettre en œuvre pour que nos unités aient un accès à la matière première et suffisamment de marchés pour continuer à travailler et à exister. Nous avons donc essayé de solidariser la filière et de trouver ensemble des marchés à l’exportation ».

 

  • Richard Debacker Eurostick : fabricant mondial de bâtonnets de glace en hêtre

Nous avons la ressource, l’outil, le savoir-faire...

 

«  Les propriétaires forestiers sont ravis de trouver cette demande asiatique qui tire les prix vers le haut. D’autant qu’actuellement, la demande européenne pour le hêtre est faible, d’où une plus grande disponibilité de cette ressource à court terme. Mais dans dix ans ? Une vision à long terme est nécessaire, sachant qu’un siècle est nécessaire pour produire un hêtre et un siècle et demi pour un chêne. Dans dix ans, j’ai peur que nous regrettions d’avoir exporté des bois à si bas prix, surtout si les produits nous reviennent transformés !

 

Dans ce contexte, il est difficile pour les industriels d’envisager de moderniser leur outil de transformation pour gagner en compétitivité. Plus globalement, cela pose la question des mentalités en France vis à vis des entreprises industrielles. Elles ne bénéficient pas toujours d’une image positive ! Sans oublier le sujet des charges sociales et fiscales dont le poids entrave incontestablement la compétitivité des entreprises françaises.

 

Le droit du travail français apparaît également inadapté par rapport à la mondialisation : on ne peut continuer à accepter la liberté de tous les marchés pour le bien-être du consommateur-électeur, et une forte rigidité du marché du travail. Il faut choisir. Le syndicalisme à la française, qui a un échos dans la classe politique, est par ailleurs un épouvantail pour tout investisseur dans une industrie de main d’œuvre. 

 

Mais, au-delà de la modernisation de nos outils, la vraie question est celle-ci : nous avons une ressource nationale qui part en Chine pour être transformée ! La ressource bois est une richesse de notre territoire européen. Le Grenelle de l’environnement a bien mis son intérêt en évidence ! Nous avons la ressource, l’outil, le savoir-faire… Alors que notre taux de chômage est élevé, pourquoi ne met-on pas tout en œuvre pour transformer notre bois localement ? ».

 

  • Dominique Juillot : Scieries Réunies du Chalonnais (scieur de chêne et fabricant de parquet massif en                                             Bourgogne)

 Pourquoi vendre notre ressource sans valeur ajoutée ?

« En Europe, nous disposons de la matière première mais doit-on pour autant la vendre sans aucune valeur ajoutée ? Cela fragilise toute la filière ! Les difficultés pour obtenir du bois à des conditions normales commencent déjà à mettre en péril l’approvisionnement de certaines scieries françaises. En ce qui nous concerne, nous avons des capacités de sciage que nous n’exploitons pas aujourd’hui.

 

Une lame de parquet asiatique par rapport à une lame transformée en France consomme, à travers le  transport, 17 fois le carbone stocké durant toute la croissance de l’arbre. C’est un non-sens alors que le bois s’inscrit pleinement dans les objectifs du Grenelle de l’Environnement. Et, in fine, la valeur ajoutée qui n’est pas mise en France, c’est quelque part la capacité de richesses de la France qui est amenuisée ».

 

  • Eric Julien : Eurochêne (Scierie chêne et hêtre dans le Jura)

Nous exportons une matière première qui met 150 ans à pousser !

 

« Les exportations asiatiques mettent une pression sur les prix et sur la matière première. Le fond du problème, c’est surtout que nous exportons une matière première qui met cent cinquante ans à pousser, qui s’apparente au patrimoine français mais qui est vendue sans plus-value ! Ce n’est pas du blé !

Par ailleurs, en France, nous avons développé le bois énergie… Mais quand la grume s’en va directement par container, le bois de trituration (40 % du volume de la grume) utilisé notamment par le bois énergie part aussi.

Ces 40 % manqueront un jour à la filière bois énergie... Nous sommes en train de commettre la même erreur sur le chêne que sur le hêtre à la fin des années 90. De 1995 à 2000, les Chinois ont tout acheté. Les prix ont doublé. Ne trouvant plus de matière disponible, les industriels français qui utilisaient du hêtre (escaliers par exemple) sont partis acheter des bois au Brésil. Et tous ne sont pas revenus vers le hêtre. Dans le hêtre, nous ne trouvons plus de gros scieurs. Les scieries ont disparu du fait de la disparition des marchés consommant du hêtre à la fin des années 90. La pression chinoise avait été trop forte pour pouvoir lutter économiquement. Ce serait dommageable de recommencer la même erreur avec le chêne ».

 

  • René Maechler : Scierie Paul Maechler (scierie de feuillus en Alsace, à 70 % orientée sur le chêne)

 

Le phénomène de la double peine !

 

« Le mouvement d’exportations de grumes de feuillus s’est accéléré ces dernières années avec des répercussions notamment en termes de hausses des prix de la matière première.

Ce qui gêne le plus notre entreprise, c’est que ce sont des produits non façonnés qui partent d’Europe pour revenir ensuite chez nous transformés. Nos clients, les fabricants européens de parquets, subissent ainsi la concurrence des produits importés de Chine, fabriqués avec nos bois et qui reviennent finis sur nos marchés ! Pour nous, c’est le phénomène de la double peine ! Nous sommes pénalisés à l’achat, avec des approvisionnements en bois plus difficiles, et nous perdons nos clients européens de la seconde transformation du bois, qui ne sont plus compétitifs par rapport aux productions asiatiques. L’ensemble de la filière bois est touché par ce phénomène ! ».

 

  • Jean-Claude Sève : Scierie Monet-Sève (scieur de bois résineux) 

Ne pas amputer la filière bois de sa matière première

 

« La problématique de la demande de grumes dans le monde ne se résumera pas au chêne ou au hêtre. Je suis persuadé que dans les années à venir elle atteindra aussi les résineux. Déjà, certains résineux Européens et Français partent en Chine.

 

Nous avons besoin d’un outil de régulation objectif. Cette solution complexe passe obligatoirement par une négociation Européenne à Bruxelles. La mise en place de quotas a le mérite de tenir compte des réalités, de s’adapter à la situation de chaque essence. Ainsi, par exemple, si la consommation de hêtre est insuffisante, nous pouvons, le cas échéant, augmenter les quotas d’exportation  pour cette essence.

 

Il est du rôle des Pouvoirs Publics de ne pas amputer la filière bois des volumes dont elle a besoin pour exister. Si la valeur ajoutée part ailleurs, ce sont aussi des emplois qui s’en vont ».

 

 

 Service presse : Primavera Communication


 

 

 

 
 
SERVICE PRESSE PRIMAVERA
Agence spécialisée en Relations Presse et en Relations Publiques dans les univers Bâtiment & Construction, Jardin & Paysage, Maison & Art de vivre, Institutionnels.
En savoir plus
Espace presse
Bâtiment & Construction
Espace presse
Jardin & Paysage
Espace presse
Maison & Art de vivre
Espace presse
Institutionnels


 




PRIMAVERA

Agence de Relations Presse

Agence de Relations Publiques



A PROPOS DE PRIMAVERA

L'agence Primavera

Expertises Relations Presse

Partenaires Primavera

Recrutement

Contacts Primavera



THÉMATIQUES

Relations Presse

Relations Publiques

E-Relations Presse

Contenu Éditorial




ESPACE PRESSE

Relations Presse Bâtiment & Construction

Relations Presse Jardin & Paysage

Relations Presse Maison & Art de Vivre

Relations Presse Institutionnelles




MÉDIAS

Actualités Primavera

Agenda Primavera

 
Crédit : Air Studio   I  Mentions légales